Fort de mon expérience récente sur Finnhamn c’est avec une certaine assurance que j’émets, vendredi soir, l’idée de ne pas encombrer les sacs des quelques grammes supplémentaires que représentent 2 poivrons, 1 concombre et 4 tranches de jambon.

Mais les règles de vie régissant la petite communauté de Gällnö diffèrent quelque peu de celles en vigueur sur Finnhamn et c’est à mes dépends que j’apprends le lendemain que : non, la supérette n’est ici pas ouverte jusqu’à 18h (mais 14h) et non, il n’y a pas d’autre solution pour s’alimenter que d’aller faire son marché sur les 4 étagères qu’offre cette cabane rouge de 5 mètres par 3 reconvertie en commerce de proximité.
Peu importe. Je ne peux vraiment pas abandonner aussi près du but et renoncer à cette excursion sur une bête erreur d’organisation : le repas du soir sera un kanelbulle (brioche à la cannelle) arrosé d’eau de source ou ne sera pas ! Le petit-déjeuner du dimanche est en revanche un peu plus élaboré avec au menu, et je cite l’auteur du croquis illustrant ce billet, « les meilleures Korv* que j’ai mangées de ma vie ! ».
* saucisses à l’enveloppe plastique et au contenu douteux, plat traditionnel suédois au même titre que le hareng fermenté en bocal
Partagé entre un bon bouquin, une petite balade, quelques baignades et une petite averse – trois fois rien pour ma résidence secondaire – pendant la nuit, ce weekend est encore une preuve, s’il en faut, que la vie à Stockholm a des airs de vacances…
Deux sans trois. Juillet 2009 m’aura définitivement vacciné contre les salles obscures suédoises. C’est avec un peu d’appréhension que j’allais voir, en début de mois, l’âge de glace 3 et j’avoue que cette séance m’a presque convaincu de la stupidité de ma phobie des cinémas suédois.
Je me faisais doucement à l’idée qu’une heure et demi de divertissement valaient bien les 12 euros – oui, 12 euros – donnant droit à une place numerotée et une paire de lunettes 3D. J’étais alors proche, pensée naïve et prématurée, de la guérison.

Quelques jours plus tard je me rends donc à Filmstaden Söder pour suivre les aventures sentimentales de Harry et de ses camarades de 6ième année à la prestigieuse Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry (les films étant diffusés en version originale pour le plus grand bonheur des « puristes » et des mauvais élèves – comme moi – qui ne sont pas capables de suivre 1h30 de dialogues en suédois). Et ce qui devait arriver arriva : rechute !
Je ne peux décidemment pas apprécier un film lorsque Andreas, à ma droite, sirote ses 4 litres de Coca-Cola à la paille pendant que Anna, à ma gauche, rumine en l’espace d’un film une quantité de popcorn qu’un être humain normalement constitué ne pourrait ingurgiter au cours de sa vie.
Car elle vient de là ma phobie des salles obscures suédoises : me retrouver face à un défilement d’images au milieu de spectateurs qui s’acharnent à definir une nouvelle norme sonore pour une expérience cinématographique encore plus réelle. J’ai nommé : le Dolby Digital Popcorn.
Je suis du genre optimiste, oui, mais il y a des limites…

Stockholm selon Yahoo! : 21 degrés, soleil

Stockholm depuis mon bureau : 15 degrés, pluie