j’en perds mon…

Le 15 août prochain je bouclerai la 5ième saison de cette jolie aventure qu’est « ma vie en Suède ». Les années passent et ne se ressemblent pas, sauf pour quelques détails qui se remarquent avec le temps et qui, à force, font sourire. Cinq années riches en rencontres et propicent à l’élaboration d’une classification du petit immigrant français.

Il y a ces étudiants Erasmus qui après avoir littéralement vécu à Paris pendant un an refont leur vie à Stockholm, le temps d’un semestre. Stockholm leur ouvre les portes de l’Europe et ils profitent alors d’un emploi du temps plutôt allégé pour visiter les capitales limitrophes : Rome, Madrid et Lisbonne. « Heureusement que la bourse tombe dans 15 jours, sinon j’aurais manqué l’anniversaire de mon ami de 3 jours, Stuart, le 11 août à Sydney ! »

Il y a ces jeunes filles et ces jeunes hommes fraîchement débarqués du vol Air France de 18h45, la fleur au fusil, venus retrouver l’âme sœur. Ces jeunes filles et ces jeunes hommes (surtout ces jeunes hommes d’ailleurs) qui repartiront, quelques semaines plus tard, sur le vol de 19h30, la queue entre les jambes. « La suédoise, dans son pays, c’est vraiment plus la même. Ces trois dernières semaines, elle a passé son temps à boire des bières avec ses copines et m’a à peine adressé la parole. »

Il y a ces cinéphiles qui tiennent un peu plus longtemps. Celles et ceux qui après 12 longues et douloureuses années à hésiter entre « she do » et « she does » commandent leur premier café en anglais. Comme frappés par un éclair de génie, ils affirment avoir saisi, le soir même, l’intégralité et la subtilité des dialogues de O Brother, Where Art Thou? sans les sous-titres.

Babel fish

Il y a ces acrobates des langues vivantes. Ces magiciennes et magiciens de la conjugaison, des déclinaisons et autres casse-têtes linguistiques qui après une semaine intensive sur les bancs de SFI (soient 4 heures de cours) parlent couramment suédois (ou japonais), pensent en suédois (ou espagnol), rêvent en suédois (ou tchétchène) et en oublient leur français : « Comment dit-on franska en français déjà ? »

Et il y a les autres. Celles et ceux installés bien tranquillement à la terrasse de Choklad Koppen, un dimanche, comme toutes les semaines depuis 5, 10, 15 ans et qui regardent passer ces petits aventuriers en se disant : « Moi, avec toute cette agitation, j’en perds mon latin ! »

Vous avez aimé ce billet ? Vous aimerez aussi :

  1. pilotes de l’extrême
  2. solution au laxisme judiciaire suédois !
  3. pluie de dildos sur Hovet

Réagir

0 Réaction(s).

Réagir


[ Ctrl + Entrée ]