… pour finir le pain !

Plutôt qu’un calendrier 2011 illustré des 12 derniers modèles de roulements à bille produits par Jean-Roule & Fils SARL (cadeau on ne peut plus classique durant la période des étrennes), Janette avait dans son sac à dos un brie aux herbes de Pascal Beillevaire, maître fromager. Un petit cadeau pour sa guide d’un jour à Stockholm. Un petit cadeau en plein mois de juillet. Un petit cadeau qui aura parcouru presque 2000 kilomètres pour le plaisir de deux français installés au pays du fromage en tube. Un gros cadeau en fait.

brie aux herbes
Photo tirée de péché de gourmandise.

Il n’en faut pas vraiment plus – mise à part un verre de vin évidemment – pour réveiller les papilles et saliver quelques heures, entre le coup de fil annonçant la nouvelle et le repas du soir. Quelques heures pendant lesquelles je me suis demandé ce qu’un touriste suédois en direction de Paris pouvait bien avoir dans son sac à dos à l’intention de son guide et compatriote l’attendant au pied de la tour Eiffel (cliquer sur l’objet pour une vue du sac aux rayons-X).

N’étant ni fan d’ABBA, des meubles en kit et des tasses à l’effigie de la famille royale, je tenais à remercier Janette pour son geste. Et pour la peine, je reprendrais bien un morceau de ce brie aux herbes tiens… pour finir le pain !

mangerbouger.se

En ce mois de juillet 2010 – et comme le veut cette tradition vieille de 107 ans – le sportif français parcourt quelques 3500 kilomètres sur son deux roues ! Col de la Madeleine, port de Balès, col du Tourmalet, col d’Aubisque, … autant de difficultés hors-catégorie qui, confortablement installé dans un canapé, ne pourraient être surmontées sans les conseils avisés de mangerbouger.com : « Seul celui qui mange ses 5 fruits et légumes chaque jour peut arriver en jaune sur les Champs-Élysées ! »

Le français ne plaisante pas avec le cyclisme. Et les 3 semaines de congés du juillettiste sont, comme chaque année, un exemple mondial de discipline physique et alimentaire.

Paul - Col du Tourmalet

Face aux 6 étapes remportées par les coureurs tricolores, force est de constater que le résultat des casaques bleues – toque jaune est plutôt maigre et en la qualité de grand journaliste sportif que je ne suis pas, voici mon analyse d’un échec malheureusement prévisible.

Les conditions d’entraînement d’aujourd’hui ne sont pas adaptées aux champions de demain. Pas plus tard que ce matin un collègue me faisait remarquer qu’à Stockholm il est interdit, pour des raisons de sécurité, d’embarquer son vélo à bord des transports en commun aux heures de pointe. Impossible pour lui donc de rallier, à la force des jambes, les 50 kilomètres qui le séparent de la station de train la plus proche et d’effectuer les derniers hectomètres urbains à bord d’un wagon, à l’abri des gaz d’échappement.

Restriction d’autant plus incompréhensible qu’il est tout à fait toléré d’emprunter ce même train de banlieue accompagné d’une tonne et demi de canettes de bière achetées la veille sur un ferry assurant la liaison Helsinki-Stockholm et empilées de manière précaire sur un diable au bord de la rupture. Alcooliques ou cyclistes, SL a, pour sa part, fait un choix.

Les régimes alimentaires d’aujourd’hui ne sont également pas adaptées à la fraîcheur physique de demain. Habitant un appartement, ce collègue cycliste amateur, se plie aux règles de la vie en communauté. Il ne cuisine donc jamais une bonne entrecôte riche en protéines sur son balcon, ne prenant pas le risque d’importuner les voisins avec un peu de fumée et d’enfreindre le règlement. Et ses voisins lui en sont reconnaissant ! Ils peuvent alors profiter pleinement des longues journées de juillet, assis confortablement au soleil, grillant cigarette sur cigarette, parfumant les draps et canapés du sportif d’à côté ayant laissé les fenêtres ouvertes. Fumeurs ou sportifs affamés, la copropriété a, pour sa part, fait un choix.

La grande boucle 2010 arrivera à Paris dans 2 jours mais les coureurs du peloton ont déjà en tête l’édition 2011. Qui sera en forme ? Qui finira en jaune ? Un suédois peut-être ? D’ici là, la fédération suédoise de cyclisme et mangerbouger.se ont du pain – complet – sur la planche !

j’en perds mon…

Le 15 août prochain je bouclerai la 5ième saison de cette jolie aventure qu’est « ma vie en Suède ». Les années passent et ne se ressemblent pas, sauf pour quelques détails qui se remarquent avec le temps et qui, à force, font sourire. Cinq années riches en rencontres et propicent à l’élaboration d’une classification du petit immigrant français.

Il y a ces étudiants Erasmus qui après avoir littéralement vécu à Paris pendant un an refont leur vie à Stockholm, le temps d’un semestre. Stockholm leur ouvre les portes de l’Europe et ils profitent alors d’un emploi du temps plutôt allégé pour visiter les capitales limitrophes : Rome, Madrid et Lisbonne. « Heureusement que la bourse tombe dans 15 jours, sinon j’aurais manqué l’anniversaire de mon ami de 3 jours, Stuart, le 11 août à Sydney ! »

Il y a ces jeunes filles et ces jeunes hommes fraîchement débarqués du vol Air France de 18h45, la fleur au fusil, venus retrouver l’âme sœur. Ces jeunes filles et ces jeunes hommes (surtout ces jeunes hommes d’ailleurs) qui repartiront, quelques semaines plus tard, sur le vol de 19h30, la queue entre les jambes. « La suédoise, dans son pays, c’est vraiment plus la même. Ces trois dernières semaines, elle a passé son temps à boire des bières avec ses copines et m’a à peine adressé la parole. »

Il y a ces cinéphiles qui tiennent un peu plus longtemps. Celles et ceux qui après 12 longues et douloureuses années à hésiter entre « she do » et « she does » commandent leur premier café en anglais. Comme frappés par un éclair de génie, ils affirment avoir saisi, le soir même, l’intégralité et la subtilité des dialogues de O Brother, Where Art Thou? sans les sous-titres.

Babel fish

Il y a ces acrobates des langues vivantes. Ces magiciennes et magiciens de la conjugaison, des déclinaisons et autres casse-têtes linguistiques qui après une semaine intensive sur les bancs de SFI (soient 4 heures de cours) parlent couramment suédois (ou japonais), pensent en suédois (ou espagnol), rêvent en suédois (ou tchétchène) et en oublient leur français : « Comment dit-on franska en français déjà ? »

Et il y a les autres. Celles et ceux installés bien tranquillement à la terrasse de Choklad Koppen, un dimanche, comme toutes les semaines depuis 5, 10, 15 ans et qui regardent passer ces petits aventuriers en se disant : « Moi, avec toute cette agitation, j’en perds mon latin ! »

la « petite » maison dans la prairie

Un billet pas comme les autres. Un petit coup de pouce pour de grands amis. Un bon plan en quelques lignes pour votre prochain séjour au pays du meuble en kit et de la tarte aux harengs !

Maison à louer dans le village de Mårdshyttan

Maison à louer dans le village de Mårdshyttan, situation

Maison à louer dans le village de Mårdshyttan (proche de Lindesberg) à quelques 200 kilomètres de Stockholm (2h30 au volant de votre Volvo de location). La maison comporte 4 chambres (6 lits), une cuisine complète, douche, toilette, machine à laver et lave vaisselle.
La maison est très bien située : baignade à 150 mètres, vue sur le lac Usken (possibilité d’emprunt d’un bateau).

- 2500 couronnes suédoises par semaine (environ 250€)
Libre du 8 au 15 août et après le 23 août. Location à l’année possible.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Johan.

au village, sans prétention, j’ai…

Difficile épreuve que de marquer les esprits lorsqu’on habite en Suède et qu’on s’appelle Johansson. 261922, c’est le nombre d’individus qui portent ce nom de famille – le plus répandu en 2010 – et à la question « tu te souviens de la petite Johansson ? » votre interlocuteur ne vous répondra ni « oui » ni « non » mais plutôt « laquelle ? ».

Un Johansson au royaume du grand Carl XVI Gustaf c’est comme un Dupond au royaume du petit Nicolas. Enfin Dupond ou Dupont ? Face à l’indécision permanente du sujet français, le sujet suédois affirme, quant à lui, une ligne de conduite différente, décidée et assumée  : Johansson prend un n, point.

Dupont et Dupond

Un nom de famille un peu plus exotique, en revanche, change radicalement la donne ! D’après SCB (Statistika CentralByrån) je suis, par exemple, le seul individu sur le territoire suédois à porter mon nom.

À moi donc la lourde tâche de « se faire un nom », nom que je transmettrai aux générations futures. À la question « tu te souviens du p’tit R. ? » il n’y a pour l’instant qu’une réponse possible : « sans hésitation ! », qui je l’espère, ne rime et ne rimera pas avec… mauvaise réputation.

en suédois : http://www.scb.se/Pages/NameSearch____259432.aspx (dans le champ texte tapez soit votre prénom – Förnamn -, soit votre nom – Efternamn- puis cliquez sur sök)