À 2000 kilomètres de Paris, le français a la réputation d’être un individu plutôt sale. Car d’après mes voisins, le français ne se douche pas tous les jours et emprunte régulièrement la voie de la facilité et de la rapidité : il se lève, se passe du déodorant sous les bras, s’habille et se rend au boulot.
Peu de choses à répondre à ce constat qui contient certainement une (grande) part de vérité. L’hôpital suédois est-il en mesure de résoudre le problème sanitaire français ou se fout-il tout simplement de la charité ?
Entre 4 murs, le suédois est définitivement un modèle du genre. Car nombreux sont celles et ceux qui, 2 fois par jour : se lavent les dents, prennent une douche, passent l’aspirateur (d’ailleurs si ma voisine du dessus me lit…), enlèvent leurs chaussures avant d’entrer chez un ami ou chez le dentiste, font tourner le lave-vaiselle…
Il suffit d’ailleurs de consulter quelques annonces immobilières (aucun rapport avec le brossage de dents par contre) ou de visiter quelques appartements (en enlevant les chaussures, bien sûr) pour se rendre compte que, chez lui, le suédois est propre. Très propre. Trop propre ?

Un appartement à vendre, comme de nombreux autres
Passée la porte du domicile, la situation est, malheureusement tout autre. Qui n’a jamais lu, sur son lieu de travail, ce petit rappel à l’ordre « din morsa jobbar inte här » (« ta mère ne travaille pas ici ») généralement placardé au dessus de l’évier, dans la cuisine ? Le suédois n’est pas si différent du français et les restes des pauses café s’entassent régulièrement jusqu’à épuisement du stock de tasses propres.
Qui pourrait penser qu’une bande de jeunes suédois et suédoises puissent se faire rappeler à l’ordre par un français alors qu’ils laissaient derrière eux barbecue jetable, papiers, emballages et autres canettes vides sur ce petit paradis au cœur de Stockholm qu’est Långholmen ?
Mais je garde le meilleur (enfin le pire) pour la fin : les soirs de fête (dans le calendrier suédois, chaque soir de jour férié, vendredi ou samedi est fêté). Ces soirs là, la tornade alcoolique (ou alcoolisée) passe sur la ville et détruit tout sur son passage.
Mettre un pied devant l’autre devient alors un sport extrême qui demande une concentration de tous les instants et éviter les tessons de bouteilles et autres flaques de vomi peut vite devenir compliqué (les flaques n’étant pas apparues par magie, mieux vaut faire en sorte que la prochaine s’écrase sur le sol plutôt que son blouson ou ses chaussures). Stockholm est sale et seuls les jets d’eau et autres coups de balai pourront effacer les traces.
Maintenant, si pour être propre, il me fallait choisir entre sauter la case « douche » un lundi matin ou vomir 2 litres de bière, dans le métro, sur le siège voisin (sinon sur mon voisin lui-même)… hum… je ne sais pas vraiment…