Nous sommes prêts !

SJ et SL, les entreprises gérant respectivement les trains suédois et les transports en commun de la région de Stockholm, ont passé un hiver 2009-2010 plutôt chaotique. Retards par centaines, annulations par dizaines (centaines ?), des métros entiers d’usagers (500 personnes par métro ?) ont du quotidiennement attendre dans le froid un bus de remplacement (50 places par bus ?) n’arrivant pas ou tout simplement trouver un autre moyen de locomotion pour se rendre au bureau.

SL - Retards et incidents sur les lignes de métros

SL a bien fait un geste commercial pour apaiser le mécontentement des voyageurs (une réduction de 10€ valable sur un carte d’abonnement de 30 jours à 70€) mais a quand même eu le droit, à la sortie de l’hiver, à une petite remontrance du gouvernement suédois qui a jugé la qualité des services et les excuses invoquées (trop froid, trop de neige, trop de glace) inacceptables : un hiver enneigé avec des températures de -15 degrés n’est en effet pas un phénomène rare dans la région…

Branle-bas de combat du printemps à l’automne ! La situation n’était qu’un mauvais rêve et ne se reproduira plus ! Exercices grandeur nature, nouvel équipement, nouvelles procédures, SJ et SL ont retravaillé leurs copies et ont annoncé haut et fort : « cet hiver nous sommes prêts et même sur-prêts » ! Nous sommes le 30 novembre 2010, il fait -7 degrés et les premières chutes de neige ont recouvert Stockholm d’un beau manteau blanc : le résultat est là, en images… (en vert, ce qui fonctionne normalement, en rouge… le reste).

SL - Retards sur les lignes de bus

Amis usagers, l’hiver 2010-2011 va être long… très long.

partie de jambes à terre

Plus qu’un mois avant le départ de la Midnattsloppet édition 2010 (samedi 14 août à 22h) et les 21,000 participantes et participants engagés dans cette course de 10 kilomètres à travers les rues de Södermalm profitent des beaux jours pour parfaire leur condition physique.

Le suédois est sportif – course à pied, vélo (150,000 cyclistes circulent chaque jour de la semaine dans les rues de Stockholm), gym, ski de fond, … – et dans un pays où l’égalité des sexes n’a d’égale que la consommation excessive d’alcool un samedi soir (sur le papier en tout cas), la suédoise n’est pas en reste !

Midnattsloppet, Stockholm

De là à placer la course à pied en tête de liste des choses comptant le plus (à égalité avec une partie de jambes en l’air et un moment en famille), il n’y a qu’un pas ! Un tout petit pas que la majorité des femmes de 15 à 60 ans interrogées par iFORM ont franchi ! Et pour un tiers d’entre elles, la course à pied obtient la médaille d’or et se retrouve en haut du tableau.
Au pays de la mythique blonde aux yeux bleus il y a un temps pour tout. Et à voir le nombre de courses organisées entre mai et septembre, « tout » n’aura pas sa part du gâteau dans l’emploi du temps des gazelles…

Plus qu’un mois donc et je n’ai pas encore couru une seule fois la distance complète. Ma suédoise d’adoption non plus d’ailleurs…

en suédois : http://iform.se/traning/lopning/lopning-ar-lika-viktigt-som-sex

Don Parkingsson, parrain à plein temps

Si Las Vegas est mondialement connue pour ses machines à sous, Grenoble pour ses pizzerias, Stockholm mériterait la première place intergalactique dans le secteur des parkings, lui aussi géré de main de maître par quelques entreprises aux allures de famille sicilienne.

Résident en centre ville, quelques 600 couronnes mensuelles vous ouvriront les portes des rues du pâté de maison. Ouvrir uniquement car ces plus de 60€ ne vous garantissent en aucun cas une place ! Et si après avoir tourné 5 heures dans Vasastan à la recherche de 2.5 mètres libres le long d’un trottoir vous finissez par abandonner la partie de chasse, prévoyez une rallonge budgétaire de 900 couronnes pour votre manque de persévérance (et le stationnement gênant qui en découle). Don ne pardonne pas les êtres faibles et punit sans pitié celles et ceux qui baissent trop facilement les bras.

Après une semaine difficile passée sur les routes à la recherche d’une place et devant un ordinateur à payer les amendes, vous méritez bien une petite balade en forêt, le long d’un lac et au soleil, loin des tracas de la vie citadine. Vous relâchez la pression, baissez votre garde et passez à côté de l’horodateur sans même le voir. Car oui, même à 50 kilomètres du centre ville, sur ce bout de pelouse transformé en parking de fortune juste assez grand pour accueillir 3 véhicules, la famille Parkingsson veille au grain. En Suède, même un carré de pelouse est payant. Le Parrain l’a bien compris : le weekend c’est à la campagne que sont les vaches à lait !

Disque horodateur

Mais, bien avant les multinationales, Don avait compris que pour que l’entreprise familiale survive, les alliances étaient inévitables. Il a donc convoqué Don ICAsson, assis sur son empire de l’alimentaire, et les deux gentlemen ont mis en place un plan diabolique : rendre payant le stationnement sur les parkings des enseignes ICA ! Une heure. Une heure indiquée par le disque que vous placez derrière le pare-brise, c’est le temps que vous avez pour faire vos courses à Bålsta Centrum. Passé ce délai (ou si, tout simplement, vous oubliez le disque), Don et Don vous réclameront 150 couronnes… chacun. Un peu plus de 30€, c’est le prix à payer pour faire ses courses tranquillement.

La famille Parkingsson a de beaux jours devant elle et envoie un message clair aux clans du monde entier ! Les croupiers et autres pizzaiolos n’ont qu’à bien se tenir.

régis fait du barbecue

Comme tous les ans Régis (Anders de son vrai nom) organise un barbecue chez lui, dans son jardin, avec vue sur la mer. Et il invite du monde Régis, beaucoup de monde !

Régis est un suédois pas comme les autres car le suédois, en général, ne reçoit pas ses amis autour d’une purée accompagnée de boulettes de viande, particulièrement un samedi soir. Il vous invitera pour un fika, en revanche, l’activité nationale par excellence : une tasse de café et quelques gâteaux sur la table.

Mais le suédois ne s’offusque pas de ne pas vous recevoir (oui c’est tordu, je sais). Il est poli, poli en toutes circonstances, et refusera votre invitation à dîner aussi naturellement qu’il ne vous a pas invité. Les raisons sont variées et toutes aussi valables les unes que les autres : « j’peux pas j’ai laverie », « j’peux pas j’ai piscine », « j’peux pas, le chat de ma meilleure amie est mort »,

Régis fait du barbecue

Régis lui, il invite ses copains. Pour un barbecue soit, mais il invite ses copains. Et c’est ce qui compte ! Il doit être différent Régis (un séjour à l’étranger ou sa copine espagnole devant y être pour quelque chose) et il n’est pas comme la plupart de ses compatriotes.

Je l’aime bien moi Régis. Et pour les saucisses, son barbecue de marque Valborg est définitivement ce qui se fait de mieux !

stockholm se réveille

Loin d’être un spécialiste des phénomènes naturels et de société, j’aurais quand même envie de dire que Stockholm est comme un volcan – avec ses périodes de sommeil et ses périodes plus agitées – qui, contrairement à son homologue islandais, est plutôt prévisible.

D’octobre à mars, période plutôt calme. Les rues se vident de leurs passants, les ports de leurs bateaux et, plus révélateur de l’ambiance générale, les supérettes de leurs barbecues à usage unique.

De mai à août, période plutôt agitée. Les rues sont bondées comme un périphérique aux heures de pointe, tous les Anders du royaume sont à la barre et, plus révélateur de l’ambiance générale, les supérettes écoulent leurs barbecues à usage unique par centaines de palettes tous les jours.

Avril et septembre, deux mois pendant lesquels les stockholmois et stockholmoises sont indécis. Entre farter ses skis, manger une glace au soleil par 20°C, mettre les manteaux d’hiver au placard ou les ressortir, les activités sont variées mais trop imprévisibles et changeantes pour être appréciées à leur juste valeur.

J’ai appris à vivre avec le phénomène. En septembre, le charbon de bois descend à la cave et les skis retrouvent leur place dans l’entrée. En avril, les skis descendent d’un étage et le charbon de bois remonte… La tente, quant à elle, garde sa place : placard de gauche, porte du haut. Il paraît qu’on peut faire du camping par -10°C et je préfère être prêt le jour où l’envie me prendra d’aller planter les sardines dans un bloc de glace.

Cette migration annuelle des équipements est parfaitement naturelle pour mes voisins de palier qui, finalement, ne comprennent pas qu’on puisse, après 5 années, encore s’émerveiller d’une piste de ski de fond qui traverse ce qui, en été, redevient l’endroit parfait pour griller quelques saucisses et boire un verre autour d’un feu qui deviendra cendres…

Stockholm s’apprête donc à rentrer en éruption, Stockholm se réveille et je suis PRÊT.