Hier, c’était la journée de l’Europe et alors que les ambassadeurs et leurs amis portaient un toast, single malt 25 ans d’âge dans une main et barreau de chaise dans l’autre, à ce travail titanesque qu’ils abattent quotidiennement (à l’abri des regards indiscrets) pour faire de l’Europe ce qu’elle est aujourd’hui, je me laissais aller à un petit bilan de la situation en simple euro citoyen que je suis.
En Suède, je me déleste d’un billet de 50 couronnes chaque fois que je prends une Carlsberg en terrasse. Deux heures de vol plus loin, je buvais la même pour 4 złoty (12 couronnes). En Suède, lever la main sur votre fils de 12 ans (qui vient de piquer le sac à main d’une petite vieille par exemple), en public, peut vous causer autant de problèmes que si vous veniez de vous faire prendre en excès de vitesse, ivre, au volant d’une voiture volée dont le coffre est chargé de 20 kilos de cocaïne, une ogive nucléaire et deux immigrés clandestins. Deux heures de vol plus loin, ne pensez même pas lever la main sur votre fils. En tout cas pas s’il a dans les mains un fusil mitrailleur, plus grand que lui, chargé de plusieurs dizaines de balles 9mm.
Mon ami Mossberg et moi
Car oui, à deux heures de vol de Stockholm, je me suis retrouvé, sans autre formalité que d’avoir écrit mon nom sur une feuille blanche, avec pas moins de 10 armes différentes dans les mains, du simple revolver au fusil à pompe en passant par un 357 Magnum, aux côtés d’un gamin polonais de 10 ans qui avait l’air de manier son fusil mitrailleur comme mon petit voisin suédois manie son Sony-Ericsson dernier modèle.
L’Europe c’est donc ça : une diversité culturelle et sociale qui aurait bien mérité quelques coups de canon (à blanc) depuis le château royal sur Gamla Stan…
En Suède nous avons très exactement 17 « jours à drapeau » (flaggdagar) et le 30 avril en est un : c’est l’anniversaire du roi. Un jour à drapeau est un jour à peu près comme les autres dans la vie d’une personne lambda (sauf quand c’est également un jour ferié), la différence principale se situant à l’avant du bus l’emmenant au boulot qui, ce jour là, arbore fièrement sur chacun de ses rétroviseurs un drapeau bleu et jaune.
jeudi 30 avril 2009, jour à drapeau (vivant)
En cet après-midi ensoleilé du jeudi 30 avril 2009, jour à drapeau donc, je reçois pour la 273ième fois de l’année cet email démontrant de manière totalement objective (par le biais de photos non triées) la différence entre des supportrices de foot suédoises et anglaises.
Le foot et moi honnêtement ça fait trois mais ces photos me font à chaque fois sourire – des anglaises hideuses en train de vomir face à de superbes créatures blondes, la victoire est forcemment dans le camp suédois. Je m’étonne d’ailleurs que cet aspect de la compétition ne soit pas mis plus en valeur ! À quand des paris sur le match qui se déroule dans les tribunes ?
Jour à drapeau donc sur mon blog avec un morceau choisi de ce sport finalement pas si désagréable que ça…
Du gamla, Du fria. Je crois bien que c’était la première fois que j’entendais l’hymne national suédois. Dans ce pays où l’on affiche fièrement et régulièrement le drapeau bleu à la croix jaune, j’ai en revanche l’impression que cet air traditionnel écrit par Richard Dybeck est rarement chanté.
Cet après-midi, The Ericsson Globe a vibré à l’occasion du dernier match du tournoi LG Hockey Games et la Suède (Tre Kronor) termine en tête avec une dernière victoire, 4 à 0, face à la Finlande. Une salle presque pleine (12 243 spectateurs), 4 buts, une séquence à 6 joueurs finlandais contre 3 défenseurs et le gardien suédois, une petite dispute, quelques coups qui pleuvent et 3 joueurs en prison plus tard, la Suède s’impose en beauté.
En général (c’est à dire dans 99.783% des cas), je ne me souviens pas de mes rêves. D’ailleurs, je ne suis même pas certain que je rêve.
Peut-être que je souffre d’une affection rare du tissu nerveux qui contrarie la persistance d’une quelconque trace mnésique relative à mon activité cérébrale nocturne ? Je ne sais pas. Je n’en ai jamais parlé à un psychiatre et aucun psychiatre ne s’est jusqu’alors intéressé à moi (lors d’un sondage téléphonique en pleine nuit par exemple)…
L’histoire aurait pu en rester là : une vie sans rêve. Mais voilà, mon banquier lui, cherche à m’aider ! Il veut que je rêve ! Et que je me souvienne !
Il m’a donc envoyé aujourd’hui un cadeau. Une planchette recouverte de « picots » sur lesquels je peux enfiler des perles*. Avec les perles je peux imager un rêve, le perdurer et donc en garder une trace. Et toujours grâce à mon banquier, je peux réaliser ce rêve, un rêve à 9.02%… sur 10 ans.
Il est gentil, hein, mon banquier ?
* : « pärlplatta » en suédois, objet inventé par Gunnar Knutsson dans les années 1960.
La neige arrive et même si les pneus « neige » ne sont obligatoires qu’à partir du 1er décembre, vägverket* recommande vivement aux automobilistes de les monter dès aujourd’hui ! Sage conseil mais les cyclistes ? Oubliés ?
Pneu clouté pour vélo !
Pour ma part, je ne vais pas tarder à équiper ma monture ! Si je n’écris rien la semaine prochaine, c’est que ce n’était pas aussi efficace que ce que je pensais. Taper sur un clavier avec les deux bras dans le plâtre, ça ne doit pas être évident…
* : agence gouvernementale reponsable du réseau routier