Hier, c’était la journée de l’Europe et alors que les ambassadeurs et leurs amis portaient un toast, single malt 25 ans d’âge dans une main et barreau de chaise dans l’autre, à ce travail titanesque qu’ils abattent quotidiennement (à l’abri des regards indiscrets) pour faire de l’Europe ce qu’elle est aujourd’hui, je me laissais aller à un petit bilan de la situation en simple euro citoyen que je suis.
En Suède, je me déleste d’un billet de 50 couronnes chaque fois que je prends une Carlsberg en terrasse. Deux heures de vol plus loin, je buvais la même pour 4 złoty (12 couronnes). En Suède, lever la main sur votre fils de 12 ans (qui vient de piquer le sac à main d’une petite vieille par exemple), en public, peut vous causer autant de problèmes que si vous veniez de vous faire prendre en excès de vitesse, ivre, au volant d’une voiture volée dont le coffre est chargé de 20 kilos de cocaïne, une ogive nucléaire et deux immigrés clandestins. Deux heures de vol plus loin, ne pensez même pas lever la main sur votre fils. En tout cas pas s’il a dans les mains un fusil mitrailleur, plus grand que lui, chargé de plusieurs dizaines de balles 9mm.

Mon ami Mossberg et moi
Car oui, à deux heures de vol de Stockholm, je me suis retrouvé, sans autre formalité que d’avoir écrit mon nom sur une feuille blanche, avec pas moins de 10 armes différentes dans les mains, du simple revolver au fusil à pompe en passant par un 357 Magnum, aux côtés d’un gamin polonais de 10 ans qui avait l’air de manier son fusil mitrailleur comme mon petit voisin suédois manie son Sony-Ericsson dernier modèle.
L’Europe c’est donc ça : une diversité culturelle et sociale qui aurait bien mérité quelques coups de canon (à blanc) depuis le château royal sur Gamla Stan…

En général (c’est à dire dans 99.783% des cas), je ne me souviens pas de mes rêves. D’ailleurs, je ne suis même pas certain que je rêve.