Archives du mot-clef suédois clés en main

y’a plus de jus

Quoi de pire qu’un chargeur d’ordinateur portable qui rend l’âme ? Un chargeur qui fonctionne !

Même s’il est encore un peu trop tôt pour affirmer (sans un léger tremblement de la lèvre inférieure) qu’avoir un ordinateur à la maison n’est pas vraiment indispensable, je dois dire que ces premières semaines de sevrage imposées par une batterie à plat et un chargeur bon pour la poubelle n’ont pas été aussi difficiles que je me l’étais imaginé !

Il faut dire aussi que, fidèle à sa réputation de pays technologiquement plutôt bien loti, la Suède propose un excellent produit de substitution aux personnes en cure de désintoxication informatique : le droit d’accès à la nature (allemansrätt).

Il est en effet inscrit dans la consitution suédoise, depuis 1994, qu’une personne dont le chargeur d’ordinateur portable a rendu l’âme a le droit de profiter – sous certaines conditions – de la nature et de ses fruits, indépendamment des droits de propriété qui peuvent y être attachés, et sans le consentement préalable du propriétaire.

Le malade n’a alors qu’à établir son programme de rétablissement, se rendre chez son fournisseur préféré et passer commande : tente, chaussures de randonnée, VTT, chambres à air et autres pièces de rechange, cartes topographiques, GPS, vaccin contre la fièvre jaune, … Les options sont nombreuses et l’informaticien suédois anonyme en cure ne peut vraiment échouer !

Une cure sinon rien !

J’ai, pour ma part et grâce aux conseils d’un excellent thérapeute d’Hammarby Sjöstad, opté pour la semi-rigidité avec un débattement de 120mm que je chevauche avec ardeur entre deux séances de sauna et un cornet de glace avec mes sponsors. N’étant pas encore arrivé au bout du chemin de la guérison, je suis tout de même de loin l’évolution du paysage électronique : Internet est apparemment toujours là, à l’affût du moindre faux pas de ma part, prêt à me faire replonger !

Mais je tiens ! Et en attendant l’automne (et donc très probablement la publication de mon prochain billet), je retourne à ma cure et vous souhaite, à tous et à toutes, un incident technique aussi plaisant que le mien !

tyvärr, tyvärr !

Je vous ai appris dans la leçon précédente comment prononcer à peu près correctement « ursäkta mig ! » (« Ouchékta mis ! »). Nous allons aujourd’hui travailler un autre mot (un adverbe pour être exact) : « tyvärr » (malheureusement).

La prononciation du « y » n’est pas la chose la plus facile en suédois et c’est en partie grâce à cette consonne (voyelle ?) que l’on reconnaît toujours un expatrié, et même de longue date. Le nombre des années semble n’avoir, en effet, que peu de pouvoir sur cette infime partie de l’alphabet. Les choses sont ainsi et il serait trop ambitieux de s’attaquer à la position des lèvres et de langue qui permettrait de produire un son, entre le « i », le « u » et le « uiu ». Nous allons donc faire simple !

Tyvärr ! Je reprendrais bien un petit verre ! J’reprendrais bien un p’tit verre ! et un peu plus tard… J’r'prendrais bien un tit verre !

Je ne doute pas une seule seconde que les occasions ne vous manqueront pas pour travailler cette seconde leçon. Et soyez prudents, buvez modéremment, un tit verre après l’autre.

ursäkta mig

« ursäkta mig ! » est une interjection – suédois pour dire « excusez-moi » – bien utile lorsque vous êtes par exemple perdu dans les rues de Stockholm et que vous voulez interpeller quelqu’un pour lui demander votre chemin : force est de constater que l’autochtone est souvent bien plus enclin à vous aider si vous faîtes un petit effort et l’abordez dans sa langue maternelle.

Leçon de prononciation.

Il va donc falloir, avant votre départ pour la Suède, vous entraîner à prononcer cette petite phrase. Sa maîtrise est indispensable et la moindre hésitation vous sera fatale : l’autochtone passe son chemin et vous laisse avec votre plan et votre mauvais sens de l’orientation pour seuls amis.

Mais pas d’inquiétude car prononcer correctement« ursäkta mig ! » est un jeu d’enfants et notre leçon consiste simplement à savoir dire « Ouchékta mis ! » (où est-ce que tu as mis, où as-tu mis) sans bafouiller !

  • situation n°1 – Vous vivez en couple. C’est la situation parfaite pour pratiquer au quotidien et vous trouverez facilement des exemples tels que :
    • Ouchétka mis la télécommande ?
    • Ouchékta mis les clés de la voiture ?
  • situation n°2 – Vous êtes seul mais vous avez un animal de compagnie (un chien de préférence). Situation un peu moins idéale mais pas désespérée.
    • Ouchékta mis ta baballe ?
  • situation n°3 – C’est la situation la plus délicate – mais je ne vous apprend rien – car il vous sera impossible de vous entraîner correctement faute d’interlocuteur. Je vous conseille de travailler, au préalable, à un changement majeur dans votre vie afin de passer en situation n°1 ou n°2.

Bon courage, vous y êtes presque !