Don Parkingsson, parrain à plein temps

Si Las Vegas est mondialement connue pour ses machines à sous, Grenoble pour ses pizzerias, Stockholm mériterait la première place intergalactique dans le secteur des parkings, lui aussi géré de main de maître par quelques entreprises aux allures de famille sicilienne.

Résident en centre ville, quelques 600 couronnes mensuelles vous ouvriront les portes des rues du pâté de maison. Ouvrir uniquement car ces plus de 60€ ne vous garantissent en aucun cas une place ! Et si après avoir tourné 5 heures dans Vasastan à la recherche de 2.5 mètres libres le long d’un trottoir vous finissez par abandonner la partie de chasse, prévoyez une rallonge budgétaire de 900 couronnes pour votre manque de persévérance (et le stationnement gênant qui en découle). Don ne pardonne pas les êtres faibles et punit sans pitié celles et ceux qui baissent trop facilement les bras.

Après une semaine difficile passée sur les routes à la recherche d’une place et devant un ordinateur à payer les amendes, vous méritez bien une petite balade en forêt, le long d’un lac et au soleil, loin des tracas de la vie citadine. Vous relâchez la pression, baissez votre garde et passez à côté de l’horodateur sans même le voir. Car oui, même à 50 kilomètres du centre ville, sur ce bout de pelouse transformé en parking de fortune juste assez grand pour accueillir 3 véhicules, la famille Parkingsson veille au grain. En Suède, même un carré de pelouse est payant. Le Parrain l’a bien compris : le weekend c’est à la campagne que sont les vaches à lait !

Disque horodateur

Mais, bien avant les multinationales, Don avait compris que pour que l’entreprise familiale survive, les alliances étaient inévitables. Il a donc convoqué Don ICAsson, assis sur son empire de l’alimentaire, et les deux gentlemen ont mis en place un plan diabolique : rendre payant le stationnement sur les parkings des enseignes ICA ! Une heure. Une heure indiquée par le disque que vous placez derrière le pare-brise, c’est le temps que vous avez pour faire vos courses à Bålsta Centrum. Passé ce délai (ou si, tout simplement, vous oubliez le disque), Don et Don vous réclameront 150 couronnes… chacun. Un peu plus de 30€, c’est le prix à payer pour faire ses courses tranquillement.

La famille Parkingsson a de beaux jours devant elle et envoie un message clair aux clans du monde entier ! Les croupiers et autres pizzaiolos n’ont qu’à bien se tenir.

propre le suédois ?

À 2000 kilomètres de Paris, le français a la réputation d’être un individu plutôt sale. Car d’après mes voisins, le français ne se douche pas tous les jours et emprunte régulièrement la voie de la facilité et de la rapidité : il se lève, se passe du déodorant sous les bras, s’habille et se rend au boulot.
Peu de choses à répondre à ce constat qui contient certainement une (grande) part de vérité. L’hôpital suédois est-il en mesure de résoudre le problème sanitaire français ou se fout-il tout simplement de la charité ?

Entre 4 murs, le suédois est définitivement un modèle du genre. Car nombreux sont celles et ceux qui, 2 fois par jour : se lavent les dents, prennent une douche, passent l’aspirateur (d’ailleurs si ma voisine du dessus me lit…), enlèvent leurs chaussures avant d’entrer chez un ami ou chez le dentiste, font tourner le lave-vaiselle…
Il suffit d’ailleurs de consulter quelques annonces immobilières (aucun rapport avec le brossage de dents par contre) ou de visiter quelques appartements (en enlevant les chaussures, bien sûr) pour se rendre compte que, chez lui, le suédois est propre. Très propre. Trop propre ?

Appartement à vendre
Un appartement à vendre, comme de nombreux autres

Passée la porte du domicile, la situation est, malheureusement tout autre. Qui n’a jamais lu, sur son lieu de travail, ce petit rappel à l’ordre « din morsa jobbar inte här » (« ta mère ne travaille pas ici ») généralement placardé au dessus de l’évier, dans la cuisine ? Le suédois n’est pas si différent du français et les restes des pauses café s’entassent régulièrement jusqu’à épuisement du stock de tasses propres.

Qui pourrait penser qu’une bande de jeunes suédois et suédoises puissent se faire rappeler à l’ordre par un français alors qu’ils laissaient derrière eux barbecue jetable, papiers, emballages et autres canettes vides sur ce petit paradis au cœur de Stockholm qu’est Långholmen ?

Mais je garde le meilleur (enfin le pire) pour la fin : les soirs de fête (dans le calendrier suédois, chaque soir de jour férié, vendredi ou samedi est fêté). Ces soirs là, la tornade alcoolique (ou alcoolisée) passe sur la ville et détruit tout sur son passage.
Mettre un pied devant l’autre devient alors un sport extrême qui demande une concentration de tous les instants et éviter les tessons de bouteilles et autres flaques de vomi peut vite devenir compliqué (les flaques n’étant pas apparues par magie, mieux vaut faire en sorte que la prochaine s’écrase sur le sol plutôt que son blouson ou ses chaussures). Stockholm est sale et seuls les jets d’eau et autres coups de balai pourront effacer les traces.

Maintenant, si pour être propre, il me fallait choisir entre sauter la case « douche » un lundi matin ou vomir 2 litres de bière, dans le métro, sur le siège voisin (sinon sur mon voisin lui-même)… hum… je ne sais pas vraiment…

régis fait du barbecue

Comme tous les ans Régis (Anders de son vrai nom) organise un barbecue chez lui, dans son jardin, avec vue sur la mer. Et il invite du monde Régis, beaucoup de monde !

Régis est un suédois pas comme les autres car le suédois, en général, ne reçoit pas ses amis autour d’une purée accompagnée de boulettes de viande, particulièrement un samedi soir. Il vous invitera pour un fika, en revanche, l’activité nationale par excellence : une tasse de café et quelques gâteaux sur la table.

Mais le suédois ne s’offusque pas de ne pas vous recevoir (oui c’est tordu, je sais). Il est poli, poli en toutes circonstances, et refusera votre invitation à dîner aussi naturellement qu’il ne vous a pas invité. Les raisons sont variées et toutes aussi valables les unes que les autres : « j’peux pas j’ai laverie », « j’peux pas j’ai piscine », « j’peux pas, le chat de ma meilleure amie est mort »,

Régis fait du barbecue

Régis lui, il invite ses copains. Pour un barbecue soit, mais il invite ses copains. Et c’est ce qui compte ! Il doit être différent Régis (un séjour à l’étranger ou sa copine espagnole devant y être pour quelque chose) et il n’est pas comme la plupart de ses compatriotes.

Je l’aime bien moi Régis. Et pour les saucisses, son barbecue de marque Valborg est définitivement ce qui se fait de mieux !

La Suède dans toute sa splendeur…

Les fêtes de fin d’année approchent et l’emploi du temps de mes collègues suédois et suédoises ne désemplit pas ! Morceaux choisis et traduits d’une discussion datant d’aujourd’hui.

Salut,

Le prochain planning a lieu lundi 13 décembre, même jour que la Sainte-Lucie ce qui, pour ma part, signifie deux fêtes à l’école maternelle. Une des fêtes commence à 15h30 et j’aimerais qu’on déplace le planning dans la matinée (parallèlement au planning de l’équipe B) ou entre 13 et 15h. Une autre solution serait d’avoir le planning la semaine précédente (jeudi ou vendredi).
Qu’en pensez-vous ?
Cordialement,
X

D’autres ont-ils une fête à l’école maternelle ? Le matin ou l’après-midi ?
De mon côté, je dois vérifier l’heure de la fête dans l’école de ma plus petite.
Y

Nous avons une fête le matin et une fête l’après-midi. Il ne devrait pas y avoir de problème pour le matin mais je dois partir pour 15h…
Cordialement,
X

Pour mon fils, la fête à l’école a lieu le 16 dans l’après-midi.
Z

Voilà, il ne reste plus qu’à caser un peu de travail entre tout ça et on devrait – avec un peu de chance – être dans les temps…

solution au laxisme judiciaire suédois !

Depuis quelques semaines 4 de mes concitoyens suédois font pas mal parler d’eux. Quatre jeunes de la génération Internet qui ont été pris la main dans le sac alors qu’ils partageaient quelques fichiers depuis leurs ordinateurs personnels et qui écopent d’une amende de plus de 3 millions d’euros. Vous les avez reconnus ? Mais si ! On a même donne un nom à leurs petites combines : « The Pirate Bay » (ou quelque chose dans le genre).

Mais combien de temps aura-t-il fallu à la justice suédoise pour finalement mettre la main sur ces malandrins ? Ce n’est que sous la pression d’intérêts privés (principalement américains) que la justice suédoise s’est enfin décidée à agir ! Il faut évidemment que le gouvernement de John Fredrik Reinfeldt se reprenne ! Et la prochaine fois, qu’il fasse appel, sans attendre, à des experts en sécurité informatique qui, eux, sauront comment répondre aux actes de ces… pirates (ça y’est, le – gros – mot est dit) ! Des experts français, par exemple, qui viennent de démontrer avec le dossier HADOPI qu’avec une bonne maîtrise du sujet, on peut aller loin, très loin…

 

une vidéo à valeur d’entretien d’embauche !