En Suède nous avons très exactement 17 « jours à drapeau » (flaggdagar) et le 30 avril en est un : c’est l’anniversaire du roi. Un jour à drapeau est un jour à peu près comme les autres dans la vie d’une personne lambda (sauf quand c’est également un jour ferié), la différence principale se situant à l’avant du bus l’emmenant au boulot qui, ce jour là, arbore fièrement sur chacun de ses rétroviseurs un drapeau bleu et jaune.

jeudi 30 avril 2009, jour à drapeau (vivant)
En cet après-midi ensoleilé du jeudi 30 avril 2009, jour à drapeau donc, je reçois pour la 273ième fois de l’année cet email démontrant de manière totalement objective (par le biais de photos non triées) la différence entre des supportrices de foot suédoises et anglaises.
Le foot et moi honnêtement ça fait trois mais ces photos me font à chaque fois sourire – des anglaises hideuses en train de vomir face à de superbes créatures blondes, la victoire est forcemment dans le camp suédois. Je m’étonne d’ailleurs que cet aspect de la compétition ne soit pas mis plus en valeur ! À quand des paris sur le match qui se déroule dans les tribunes ?
Jour à drapeau donc sur mon blog avec un morceau choisi de ce sport finalement pas si désagréable que ça…
S’il fallait retenir un moment dans la semaine que tout le monde redoute et essaye de reporter jusqu’à ce que la faim commence à se faire sentir, je peux parier que nombre d’entre vous citeraient la soirée « courses à Carrefour » : le brouhaha, les coups de chariot dans les chevilles, les enfants (et les adultes) qui crient et courent dans tous les sens, les queues interminables aux caisses (et notamment à la votre, celle qui avance moins vite que les autres), … vous êtes dans l’ambiance ? Parfait.

Faire les courses me détend. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’y prends du plaisir mais après une journée de boulot, c’est finalement plutôt reposant. Reposant car dans un supermarché suédois (en tout cas dans celui où je me rends deux fois par mois), l’expérience est tout autre : c’est silencieux, les clients murmurent et se glissent entre les rayons, sans précipitation ni énervement superflu, jusqu’aux caisses libres ou très peu encombrées.
Et c’est un comportement qu’on retrouve à peu près partout (sauf les vendredis et samedis soirs, mais pour d’autres raisons qui ne sont pas le sujet de ce billet) : dans le métro, et même aux heures de pointe, dans la rue, dans les magasins et autres lieux publics.
Calme, discipline et discrétion. Autant d’attitudes dont je n’avais, jusqu’à récemment, compris le sens qu’au rayon littérature, cachées dans l’édition 2005 du petit Larousse. Faire les courses n’est définitivement plus en tête de ma liste noire.
Lorsqu’on se trouve à 50 kilomètres de Stockholm, on est déjà au milieu de nulle part. Alors à 500 kilomètres… on est nulle part au milieu de nulle part. Trois batiments rouges, mais pas de Systembolaget, un mètre de neige, une supérette et une couverture 3G exceptionnelle ! Oui, en Suède, il y a des villages où vous ne rencontrerez ni Monsieur Rouge ni Madame Blanche mais où la qualité des moyens de communication n’a rien à envier à celle de la capitale.
En direct de Stöten
Pas même un apéritif ce soir donc, mais avec les 5 heures de ski de fond qui m’attendent à partir de 7h15 demain matin, je me contenterai de ma connexion 3G. Mon conseil avant tout effort : un billet sans intérêt, au lit, sobre.
Je vous ai appris dans la leçon précédente comment prononcer à peu près correctement « ursäkta mig ! » (« Ouchékta mis ! »). Nous allons aujourd’hui travailler un autre mot (un adverbe pour être exact) : « tyvärr » (malheureusement).
La prononciation du « y » n’est pas la chose la plus facile en suédois et c’est en partie grâce à cette consonne (voyelle ?) que l’on reconnaît toujours un expatrié, et même de longue date. Le nombre des années semble n’avoir, en effet, que peu de pouvoir sur cette infime partie de l’alphabet. Les choses sont ainsi et il serait trop ambitieux de s’attaquer à la position des lèvres et de langue qui permettrait de produire un son, entre le « i », le « u » et le « uiu ». Nous allons donc faire simple !

Tyvärr ! Je reprendrais bien un petit verre ! J’reprendrais bien un p’tit verre ! et un peu plus tard… J’r'prendrais bien un tit verre !
Je ne doute pas une seule seconde que les occasions ne vous manqueront pas pour travailler cette seconde leçon. Et soyez prudents, buvez modéremment, un tit verre après l’autre.
La Suède est souvent perçue comme un pays où il fait bon vivre. Un pays où le sentiment d’insécurité, cher aux français, n’existe pas ou peu !
En plus de 3 ans, jamais je ne me suis posé la question de prendre, ou pas, le métro à 3 heures du matin ! Jamais je ne me suis dit que j’allais retrouver un tas de cendre là où j’avais garé ma voiture ! Jamais je n’aurais cru qu’un livreur de pizza puisse glisser un prospectus dans ma boite aux lettres alors qu’elle affiche fièrement un « ingen reklam tack » (pas de publicité, merci) !
Mais voilà, le paradis sur terre n’existe pas et ce qui devait arriver arriva. Le livreur de pizza a frappé et j’ai retrouvé les tarifs de la 4 fromages et de la chorizo sur mon paillasson !

Jean-Claude ou Nicolas ?
J’ai donc pris des mesures drastiques et mon appartement est désormais sous haute surveillance ! Un combattant asiatique sur-entraîné veille. Il s’appelera Jean-Claude V. – en hommage au grand guerrier et philosophe belge – ou Nicolas S. – en hommage au chef des armées mondialement connu pour son hyperactivité et son goût (bon ou mauvais) des femmes et produits de luxe.
Alors ? Jean-Claude V. ou Nicolas S. ?