impossible n’est pas…

Heureusement ou malheureusement – il m’est difficile de trancher – je n’ai jamais (en dehors de quelques boulots d’été) travaillé en France et, sans matière pour comparer, je ne peux que présenter le quotidien d’un petit français dans une grosse boiboite suédoise (pas si grande que ça mais les connaisseurs apprécieront la référence). Un état des lieux basé sur mon expérience personnelle – et donc totalement subjectif – à destination du candidat à l’expatriation qui, fier de ses origines, se lancerait dans l’aventure : impossible n’est pas français.

Mettons les choses au clair. Il n’est, pour commencer, pas impossible de travailler plus de 35 heures par semaine et le volume horaire d’une semaine suédoise ordinaire est de 40 heures. Pas de RTT mais 5 ou 6 semaines de congés payés qui portent, pour le coup, bien leur nom : il n’est pas impossible de gagner plus lors d’une journée de congé que lors d’une journée travaillée.

Il n’est pas impossible non plus de croiser le chef d’une entreprise réalisant (en 2010) un chiffre d’affaire de plus de 40 millions d’euros, vêtu d’un short et d’une chemise à fleurs, poussant son chariot de boissons rafraîchissantes entre les bureaux lorsque la température extérieure dépasse les 25 degrés. Et quand le climat est un peu plus clément et ne requiert pas l’intervention d’un cadre dirigeant, il n’est pas impossible d’avoir gratuitement accès à une tasse de café, sodas et fruits frais.

Il n’est pas impossible qu’un lundi matin votre supérieur hiérarchique (dont le boulot, de l’avis général, n’est pas de vous pourrir la vie au quotidien) vous demande sans préavis : « Tu fais quoi mi-juin ? » – « Euhhh… » – « Ça te dirait de partir 10 jours à Las Vegas pour une conférence? » – « Euhhh… »

Et il n’est pas impossible que pour vous amadouer et s’assurer de votre participation à la dépense du budget « formation & bain de soleil » ce même supérieur hiérarchique (aidé par ses collègues du même rang) vous prépare quelques surprises : non il n’est pas impossible que votre chef vous serve le petit-déjeuner à votre arrivée dans les bureaux et non il n’est pas impossible qu’il vous serve des hot-dogs un mercredi après-midi !

Le monde du travail suédois ce n’est pas seulement être payé plus pendant les vacances, manger et boire 40 heures par semaine. Le travail c’est aussi la santé et il n’est pas impossible que votre entreprise vous offre 400€ par an pour que vous puissiez vous payer votre abonnement à la salle de sport du coin.

Mais comme je l’ai écrit dans l’introduction de ce billet, il m’est impossible de comparer alors je vous le demande : « pour vous, ça se passe comment dans votre grosse boiboite ? »

l’été, saison de tous les excès

Si la vie suédoise est relativement calme et monotone durant les longs mois d’hiver (il neige, il fait froid, il fait sombre : trois constats sans appel), elle réserve en revanche son lot de surprises et devient beaucoup plus imprévisible en été.

L’été c’est, si je peux me permettre de généraliser, la raison de vivre de chaque suédoise et chaque suédois. Pleurée d’octobre à décembre, invoquée de janvier à avril, l’été est la saison de tous les excès, adorée de mai à septembre. Et pour le poète qui sommeille en chacune et chacun, le mot « été » (sommar) rime avec de nombreux plaisirs plus au moins défendus, plus au moins sains.

Été rime avec alcool : il s’en est vendu en Suède, en 2010, 14 millions de litres la semaine de Midsommar (plus d’un litre par habitant) !

Été rime avec bronzette : privé de soleil pendant quelques mois, le suédois se précipite vêtu d’un simple maillot de bain et sans protection particulière sous les premiers rayons de l’année. Chaque année, plus de 2000 personnes (soit, en pourcentage de population, une médaille d’or en coupe du monde du cancer de la peau) développent un mélanome.

En été, je mange des fraises

Été rime également avec fraise : la fraise suédoise marque en effet le début de l’été. Attendue pour le weekend de Midsommar (encore lui), la Suède en produira 15000 tonnes qui seront principalement consommées sur place (soient 3 à 4 litres par personnes).

Mais la poésie estivale ne s’arrête pas à ces 3 exemples. Sommarjobb (boulot d’été), sommarrea (soldes d’été), sommartider (un classique de la musique pop suédoise), sommarstängt (la fermeture annuelle des restaurants et magasins déconcertante pour de nombreux touristes), … et même le sommarwrap, la version estivale de ce sandwich à la mode.

Combinés, tous ces excès peuvent conduire à des situations plutôt inhabituelles. Que peut-il alors arriver lorsqu’une demoiselle se rend à son sommarjobb (serveuse dans une sandwicherie par exemple) après une soirée plutôt arrosée ou avec les séquelles d’une insolation ? Vous vous retrouvez à manger, au soleil dans un parc, un sommarwrap au jambon… et aux fraises. Évidemment.

y’a plus de jus

Quoi de pire qu’un chargeur d’ordinateur portable qui rend l’âme ? Un chargeur qui fonctionne !

Même s’il est encore un peu trop tôt pour affirmer (sans un léger tremblement de la lèvre inférieure) qu’avoir un ordinateur à la maison n’est pas vraiment indispensable, je dois dire que ces premières semaines de sevrage imposées par une batterie à plat et un chargeur bon pour la poubelle n’ont pas été aussi difficiles que je me l’étais imaginé !

Il faut dire aussi que, fidèle à sa réputation de pays technologiquement plutôt bien loti, la Suède propose un excellent produit de substitution aux personnes en cure de désintoxication informatique : le droit d’accès à la nature (allemansrätt).

Il est en effet inscrit dans la consitution suédoise, depuis 1994, qu’une personne dont le chargeur d’ordinateur portable a rendu l’âme a le droit de profiter – sous certaines conditions – de la nature et de ses fruits, indépendamment des droits de propriété qui peuvent y être attachés, et sans le consentement préalable du propriétaire.

Le malade n’a alors qu’à établir son programme de rétablissement, se rendre chez son fournisseur préféré et passer commande : tente, chaussures de randonnée, VTT, chambres à air et autres pièces de rechange, cartes topographiques, GPS, vaccin contre la fièvre jaune, … Les options sont nombreuses et l’informaticien suédois anonyme en cure ne peut vraiment échouer !

Une cure sinon rien !

J’ai, pour ma part et grâce aux conseils d’un excellent thérapeute d’Hammarby Sjöstad, opté pour la semi-rigidité avec un débattement de 120mm que je chevauche avec ardeur entre deux séances de sauna et un cornet de glace avec mes sponsors. N’étant pas encore arrivé au bout du chemin de la guérison, je suis tout de même de loin l’évolution du paysage électronique : Internet est apparemment toujours là, à l’affût du moindre faux pas de ma part, prêt à me faire replonger !

Mais je tiens ! Et en attendant l’automne (et donc très probablement la publication de mon prochain billet), je retourne à ma cure et vous souhaite, à tous et à toutes, un incident technique aussi plaisant que le mien !

j’ai lu, édition 2011

Après une cuvée 2009 plutôt bonne mais une année 2010 un peu en retrait, j’attends entre autres de cette cuvée 2011 : plaisir, qualité et quantité ! Je tourne donc la page, je vais oublier 2010 et faire en sorte que 2011 soit une année difficile pour les yeux !

J'ai lu, édition 2011

  • Roma Enigma, Gilda Piersanti
  • La Carte et le Territoire, Michel Houellebecq
  • L’Hypnotiseur, Lars Kepler
  • L’oiseau de mauvais augure, Camilla Läckberg
  • L’Instinct de mort, Jacques René Mesrine
  • L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder
  • Sans contrefaçon, Pascal Nègre
  • La Possibilité d’une île, Michel Houellebecq
  • L’Enfant allemand, Camilla Läckberg
  • Acide sulfurique, Amélie Nothomb
  • La Fin des temps, Haruki Murakami
  • Une forme de vie, Amélie Nothomb
  • Les Chaussures italiennes, Henning Mankell
  • L’Institut de recherches, Staffan Westerlund
  • Roseanna, Maj Sjöwall & Per Wahlöö
  • Celui qu’on ne voit pas, Mari Jungstedt
  • L’écologie en bas de chez moi, Iegor Gran
  • L’homme au balcon, Maj Sjöwall & Per Wahlöö
  • Le Passager, Jean-Christophe Grangé
  • Le Pacte, Lars Kepler
  • Sarko m’a tuer, Gérard Davet & Fabrice Lhomme
  • 1Q84 – 1, Haruki Murakami
  • Dexter in the Dark, Jeff Lindsay
  • Timeline, Michael Crichton
  • Disclosure, Michael Crichton

Et pour vous ? Quel est ou sera le programme littéraire de cette nouvelle année ?

Nous sommes prêts !

SJ et SL, les entreprises gérant respectivement les trains suédois et les transports en commun de la région de Stockholm, ont passé un hiver 2009-2010 plutôt chaotique. Retards par centaines, annulations par dizaines (centaines ?), des métros entiers d’usagers (500 personnes par métro ?) ont du quotidiennement attendre dans le froid un bus de remplacement (50 places par bus ?) n’arrivant pas ou tout simplement trouver un autre moyen de locomotion pour se rendre au bureau.

SL - Retards et incidents sur les lignes de métros

SL a bien fait un geste commercial pour apaiser le mécontentement des voyageurs (une réduction de 10€ valable sur un carte d’abonnement de 30 jours à 70€) mais a quand même eu le droit, à la sortie de l’hiver, à une petite remontrance du gouvernement suédois qui a jugé la qualité des services et les excuses invoquées (trop froid, trop de neige, trop de glace) inacceptables : un hiver enneigé avec des températures de -15 degrés n’est en effet pas un phénomène rare dans la région…

Branle-bas de combat du printemps à l’automne ! La situation n’était qu’un mauvais rêve et ne se reproduira plus ! Exercices grandeur nature, nouvel équipement, nouvelles procédures, SJ et SL ont retravaillé leurs copies et ont annoncé haut et fort : « cet hiver nous sommes prêts et même sur-prêts » ! Nous sommes le 30 novembre 2010, il fait -7 degrés et les premières chutes de neige ont recouvert Stockholm d’un beau manteau blanc : le résultat est là, en images… (en vert, ce qui fonctionne normalement, en rouge… le reste).

SL - Retards sur les lignes de bus

Amis usagers, l’hiver 2010-2011 va être long… très long.