Kiruna : motoneige [jour 2]
Nous avions réservé un guide, Henrik Taube, pour 2 jours. Il passe nous prendre à 9h à l’auberge de jeunesse et on s’entasse dans son van: 1 devant avec le guide, 8 à l’arrière et 3 dans le coffre. Après une courte halte dans une station service pour faire le plein des jerricanes d’essence – que les malheureux dans le coffre se coltineront le reste du trajet – pour les motoneiges, on file au départ du tour. On s’habille chaudement, on enlève la neige qui est tombée dans la nuit et qui recouvre les motoneiges et on charge les remorques avec la nourriture et le bois (3 buches par personne; notez c’est important pour la suite de l’histoire). C’est parti !
On « roule » pendant 2 heures avant d’arriver au camp. On commence par nourrir les chiens qui restent sur la rive et on rejoint le camp (de l’autre côté de la rivière) en pneumatique chargé de tout le matériel. Evidemment, il n’y a pas de moteur sur le bateau (appelons ça un radeau plutôt) et il faut donc que des volontaires désignés rament !

Motoneige © Ludovic Roguet
Arrivés sur la rive, il faut décharger le radeau (la nourriture et le bois) et transporter le tout jusqu’au camp qui se trouve à une centaine de mètres de là (premier changement: les 3 buches par personne se transforment en dizaines de kilos). Sur le camp, 8 bâtiments : une hutte lapone typique dans laquelle on passera la nuit, le logement du guide permament, Arne, qui fait aussi office de cuisine et de salle à manger, un entrepôt pour le matériel, un garde manger sur pilotis (pour que les animaux sauvages ne puissent pas taper dans les réserves), une cabane avec 4 couchettes, un sauna, un barbecue d’intérieur et une cabane se résumant à 5 planches (4 murs + le toit) recouvrant un trou dans le sol (pour ceux qui ne suivent pas, ce sont les toilettes).
On prend possession des lieux et on attaque à débiter le bois en buchettes pendant qu’il fait encore jour (second changement : les dizaines de kilos de bois se transforment en centaines de coup de hâche). Petite pause déjeuner vers 15h (pâtes et renne aux épices) et on continue à débiter le bois (mais on le fait sans vraiment rechigner car ça sera notre bois de chauffage pour le sauna et pour la nuit). On en profite aussi pour faire le plein d’eau en allant remplir les 75 litres de jericanes (n.b. des jéricanes diffrérents de ceux utilisés pour transporter l’essence des motos) à la rivière avec le traineau. On remet le couvert vers 19h avec un barbecue d’intérieur et on met le sauna à chauffer.

Bûcheron un jour, bûcheron toujours ! © Ludovic Roguet
Vers 21h, sauna. Un coup de chaleur, une lampée de bière, un coup dans la neige. On passe une bonne partie de la soirée à discuter avec Arne (certains sont occupés à construire un igloo), de diverses choses: il nous décrit la vie dans le grand nord, il boit une bière, il s’intéresse à nos différents parcours, il boit une bière, il nous parle de la vie sur le camp, des gens de toutes les nationalités qu’il rencontre, il boit une bière, …
Finalement, on passe quelques minutes sur le ponton à attendre d’autres aurores polaires qui ne viendront pas mais on apprécie le calme et le paysage nocturne.
On finit par aller se coucher, bien crevés; il faut se relayer toutes les heures pour mettre du bois dans la cheminée et evidemment, personne n’a le courage de le faire! Résultat : feu éteint au petit matin.

